Les enseignant·es de lycée se sont exprimé·es sur leur rentrée !

Pour cette rentrée 2019, la CGT Enseignement Privé avait décidé de permettre aux collègues de s’exprimer, via un questionnaire portant sur la mise en œuvre de la réforme du lycée général et technologique. Ce sont donc un peu plus de 900 collègues qui ont répondu à cette enquête, ce qui est loin d’être négligeable et montre qu’en cette rentrée, les collègues avaient une réelle volonté de s’exprimer sur ce sujet.

Les réponses viennent de collègues de toutes les académies, qui enseignent pour 55 % d’entre elles·eux uniquement en lycée général et technologique, pour 30 % en lycée général et technologique et au lycée professionnel et 10 % en lycée général et technologique et au collège. Les femmes représentent 61 % des personnes ayant répondu. Concernant l’âge, 23 % des personnes ont entre 30 et 39 ans, 42 % ont entre 40 et 49 ans et 27 % entre 50 et 59 ans. Toutes les tailles d’établissements sont représentées.

Le ressenti

En ce début d’année et la mise en place concrète de la réforme, nous avons demandé à nos collègues quel était leur ressenti. Les réponses sont conformes à ce que nous prédisions…

Lorsqu’on demande ce que leur inspire cette réforme, sur une échelle de 1 à 10 (de « c’est vraiment une catastrophe » à « c’est une réforme parfaite »), 44 % des collègues mettent une note inférieure ou égale à 3, et seulement 9 % une note supérieure ou égale à 7. Ceci est certainement à relier au fait que les deux tiers des collègues estiment n’avoir pas du tout été bien accompagné·es pour la mise en place de cette réforme dans leurs classes.

Au sujet de la charge de travail engendrée pendant les vacances  d’été, c’est sans appel ! 76 % des collègues estiment avoir eu une surcharge énorme de travail (sur une échelle de 1 à 10, 45 % des réponses correspondent à une note de 10!).

Sur ce que représente le bac et son symbole, là encore, les trois quarts des réponses font ressortir l’impression de la disparition du cadre national du bac et pour 60 % des réponses, des inégalités sur le territoires qui vont de fait s’accentuer. Pour 85 % des collègues, les E3C, contribueront au creusement de ces inégalités.

Et pour 9 enseignant·es sur 10, cette réforme va accentuer la concurrence entre les disciplines en spécialité.

Concernant les emplois du temps, visiblement, cela n’a pas l’air mieux, ni pire, que les années passées. A noter que seule la classe de 1ère est concernée pour la rentrée 2019. En 2020, il y aura les 1ère et les Terminales…

La mise en place de la réforme a-t-elle engendré une surcharge de travail pendant les vacances d’été ? 1 (non, pas du tout) à 10 (oui, énormément)

Concrètement sur le terrain…

Nous avons aussi voulu savoir si la mise en place de la réforme avait eu un impact sur le nombre de divisions de 1ère. Apparemment, pour cette rentrée, pour 72 % des réponses il n’y pas eu d’évolution, le reste des réponses se partageant équitablement entre hausse et baisse du nombre de divisions.

Pour le choix des spécialités, 82 % des établissements proposent entre 6 et 10 spécialités, seulement 6 % des établissements en proposent 11 ou 12.

Les spécialités les moins présentes sont LLCE (25%), SI (30%), NSI (48 %), arts (30%) et écologie agronomie et territoire (2%)

Il est à noter que certaines spécialités peuvent être proposées, avec des effectifs faibles (moins de 15 élèves). Ce qui est souvent le cas en arts, LLCA, LLCE, Humanités Littérature et Philosophie. En revanche, pour des spécialités peu proposées comme NSI ou SI, les effectifs à moins de 15 semblent très rares.

C’est quoi ta spé ?

Ce que le ministère a mis en avant pour « vendre » son projet de réforme, c’est le choix des triplettes par les élèves. On individualise le parcours. Avec son lot de conséquences. Dans les faits, ce choix est-il réel ?

Un tiers des réponses signale des refus de triplettes, un autre tiers aucun refus et le dernier tiers exprime son ignorance à ce sujet. Là encore, il conviendra aux équipes d’être vigilantes lors des conseils de classe car certains décisions peuvent se prendre a posteriori en accord avec le chef d’établissement et il est primordial que les équipes puissent en avoir un retour.

Les motifs les plus fréquents pour des refus de de triplettes sont un nombre d’élèves insuffisant 115 réponses), un nombre d’élèves trop élevé (16 réponses), le niveau de l’élèves (21 réponses) mais surtout une incompatibilité dans l’emploi du temps (207 réponses) !

Lorsqu’un établissement ne propose pas toutes les spécialités, le ministère a prévu la possibilité pour un élève de suivre cette spécialité dans un autre établissement. Visiblement, c’est une occasion saisie par les familles puisque 159 réponses mentionnent cette situation.

Paroles de collègues…

La CGT revendique

  • Nous souhaitons une école qui permette à tou.tes de réussir et qui n’a pas comme fonction de trier les élèves,
  • Nous voulons une école qui fournit une culture générale et technologique commune, qui émancipe et permet la formation de citoyen.nes éclairé.es.
  • Nous réaffirmons notre attachement au maintien du bac comme 1er grade universitaire et seule condition d’entrée à l’université et non outil de sélection pour le supérieur.
  • Nous préférons la coopération plutôt que la mise en concurrence des établissements.
  • Nous demandons une baisse des effectifs par classe (24 au lycée).
  • Nous sommes contre l’annualisation du temps de travail des enseignant·es.
  • Nous rappelons notre attachement à la liberté pédagogique des enseignant·es.

Et maintenant, on fait quoi ?

Force est de constater que les enseignant.e.s des lycées privés se préoccupent de cette réforme, qui a un impact direct sur leurs conditions de travail et sur la nature même de notre mission.

La CGT Enseignement Privé a réalisé cette enquête pour que ses revendications collent au plus près des aspirations des collègues. Nos positionnements sont confortés par cette étude: ce que nous prédisions ressort nettement des réponses données. Cette réforme vise tout d’abord à supprimer des postes en regroupant des élèves (suppression du groupe classe avec les spécialités) et a une portée idéologique forte puisqu’elle accroît les inégalités et développe la concurrence.

Sa mise en place à la va-vite pose de nombreuses questions et le flou inhérent génère parfois un stress intense.

Nous n’allons pas en rester là ! Plus que jamais, nous allons poursuivre notre combat pour le retrait de cette réforme.

Nous allons continuer d’interpeller le Ministère, notamment en CCMMEP et en relayant lors du comité de suivi de la réforme du lycée les remontées de terrain. Est-ce que ce sera suffisant ? Sans doute pas. L’intervention des personnels et leurs mobilisation avec le syndicat seront indispensables pour imposer nos idées…

 

 

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