Continuité pédagogique : Eh, oh… on se calme !

Les enseignant·es face à
la continuité pédagogique…

Avez-vous bien mis en place des sessions de visioconférence ?
Votre progression est-elle bouclée pour les 6 semaines à venir ?
Vos élèves ont-ils bien 8h de travail par jour ?
Avez-vous utilisé toutes les applications de l’ENT ?
Comment se passent votre classe virtuelle et vos cours en ligne ?
Tous vos élèves ont-ils été contactés par téléphone ?
Au fait, vous avez rempli vos appréciations pour Parcoursup ?
Pensez, bien sûr, à compléter votre CV en ligne sur I-Professionnel…

Les témoignages de collègues se succèdent et vont tous dans le même sens …

… depuis la fermeture des établissements scolaires, la généralisation du télétravail et la mise en place de la « continuité pédagogique », les enseignant·es sont perdu·es, globalement isolé·es, et bien souvent débordé·es.

On frise le burn-out généralisé ! Un comble quand, normalement, tout le monde reste chez soi toute la journée, pour faire face… à la guerre !

Alors quelques éléments importants :

  • l’impérieuse nécessité, c’est de se protéger et de protéger les autres, si l’on veut surmonter cette crise sanitaire au plus vite,
  • les élèves, les familles, les profs, sont sous pression, transmettent leurs angoisses et la rejettent sur les autres. Nous devons au contraire travailler à l’apaisement général,
  • le flot d’informations et de recommandations, parfois contradictoires, venant de nos établissements, de l’administration ou du ministre Blanquer, créent un sentiment de saturation chez les collègues. Prenons le temps de réfléchir,
  • Aucun élève ne ratera son bac, son DNB ou son passage en CE2 parce que l’équipe pédagogique n’aura pas donné 6h de travail quotidien aux élèves,
  • L’enfant qui n’a pas d’ordinateur, dont un proche est malade, qui est confiné avec ses trois frères et sœurs dans un appartement de 50m², ne peut pas suivre correctement la « continuité pédagogique ». Pensons-y.
  • Enfin, ne culpabilisons pas lorsque l’on décide de ne pas suivre bêtement les consignes d’un petit chef, paniqué, qui veut mettre en place une usine à gaz pour justifier d’avoir bien fait faire le boulot… aux autres. Il n’aura pas sa prime ? Tant pis !

La voix de la bêtise ?

La palme de la bêtise…

remportée haut la main par ce chef d’établissement, qui, après avoir organisé un emploi du temps pour tous les profs durant le confinement, termine ainsi son mail :
« Les cours doivent être dispensés par ZOOM en visioconférence. (…) Le chef d’établissement est le seul décisionnaire de l’organisation de la continuité pédagogique. (…) Tout autre organisation n’est pas acceptée. Je sais pouvoir compter sur votre engagement. »

La voix de la sagesse ?

Reconnaissons à cet inspecteur un peu de clairvoyance :

« Il n’est pas facile de mener une continuité pédagogique dans ces conditions et d’innover du jour au lendemain. (…) L’essentiel c’est de maintenir une activité régulière chez les élèves, de les encourager, sans pour autant tout corriger et encore moins vouloir mettre une pression avec des notes. »

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3 réactions

  1. Merci,merci,merci!
    Je suis sur le point d’imploser… Prof de maths en lycée,je me lève a 4h et ne décolle pas de l’ordinateur avant 18h, et ce, depuis une semaine! Je n’ai jamais réussi a me connecter a une classe virtuelle (qu’il me faut prendre en main comme les autres outils numériques avec 0 formation), et même la simple connexion à Pronote me coûte au bas mot une dizaine de minutes,lorsque je ne suis ps déconnecté. J’habite en « zone blanche », et mon équipement numérique est rudimentaire, cependant les injonctions de mes supérieurs pleuvent, avec de plus en plus d’exigences qui modifient du tout au tout mes pratiques.
    Et pendant que je m’épuise à la tâche, sur des classes de 32 élèves en moyenne, j’ai très rarement un quart des élèves qui feignent mollement de faire les exercices. Ce dont mon administration se moque, uniquement préoccupée de convaincre le public que tout est sous contrôle…. quelle blague!

  2. Je viens de lire votre article, professeur en lycée, au bord du burn out moi même, sur le pont bien au delà des 35h par semaine week-end compris, je ne peux qu adhérer à vos réflexions . Merci de dire que non seulement les profs ne sont pas en vacances mais qu en plus, avec des moyens techniques officiels sous performants, ils essaient toutes les solutions possibles pour rester déjà en contact avec leur élèves et fournir travail et aide.
    Magali

  3. Ahhh merci je ne suis pas la seule à perdre la tête. J’ai en tout 6 niveaux entre le collège et le lycée … déjà en temps normal c’est la course et mon métier occupe une grande place dans ma vie. Depuis une semaine mes collègues et moi même avons été bombardés de mails de notre chef d’établissement ou des adjoints nous mettant bien la pression pour ABSOLUMENT suivre nos emploi du temps, bien remplir le cahier de texte et assurer l’évaluation des élèves. Ayant 182 élèves, je me retrouve chaque semaine avec autant de mails que d’élèves et autant de corrections. Cette semaine a été un peu l’enfer entre l’ent saturé et les élèves qui comprennent rien et qui envoient 15 000 mails auxquels il faut répondre. Pour le coup je vois pas le temps passer mais c’est trop lourd. C’est limite aussi si je dois pas mettre un réveil le matin à 7h.
    Joie et burn out ce confinement !

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