Agri – Protocole sanitaire dans nos bahuts : la politique de l’autruche

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Visiblement, les leçons du 1er confinement n’ont pas été retenues …

Romain Epaud (Illustration)

Alors que notre cher président déclarait le 28 octobre « le télétravail sera généralisé partout où cela est possible », alors que la ministre du Travail Elisabeth Borne martelait le 29 octobre « Le télétravail n’est pas facultatif « , le flou artistique, volontairement organisé, perdure.

Si les conséquences sanitaires sur les travailleurs n’étaient pas aussi graves, nous pourrions feindre de ne pas être étonnés, habitués que nous sommes à ne pas prendre pour argent comptant les déclarations de nos élus et ministres.

Oui mais voilà, la situation est grave !

Nous, personnels administratif, technique et éducatif sommes en 1ère ligne.

Tous les jours, nous recevons dans nos établissements des milliers d’apprenants et les conditions d’accueil et de travail ne sont pas respectueuses de notre santé et de celle de nos élèves. Trop souvent même, elles constituent un mise en danger volontaire des salariés par nos chefs d’établissement !

Nombreux sont les collègues qui ont été contaminés sur le lieu de travail.

Et comment pourrait-il en être autrement ?

Alors oui, le Ministère a transmis un protocole aux directeurs et directrices des établissements agricoles mais soit les locaux ne permettent pas de le respecter, soit les moyens humains sont insuffisants, soit nos chefs d’établissement cloitrés dans leur bureau n’ont que faire des demandes de leurs salariés …

Voici quelques exemples concrets et témoignages réellement vécus dans nos établissements :

  • Un enseignant est déclaré positif à la Covid. Lors des repas avec ses collègues, il a été en contact sans masque avec eux pendant plus de 15 minutes.
    Un élève est déclaré positif à la Covid. Il a été en contact sans masque, lors des repas et des pauses, avec ses camarades.
    La directrice de l’établissement qui ne côtoie ni l’un, ni l’autre se met alors en arrêt maladie 5 jours pour cause de symptômes plus ou moins marqués (37,4°C de température …sic !!!). Au passage, le résultat de son test Covid se révèlera négatif. Elle adresse à tous les membres de son équipe un courrier officiel (avec entête de l’ARS) précisant que nous sommes tous et toutes « NON identifiés comme cas contact ».
    Sans même avoir fait d’enquête sanitaire auprès de son équipe !!! Sans même avoir contacté le professeur en question pour savoir s’il avait mangé avec un tel ou un tel !!!
    Et rebelotte avec l’élève : pas d’enquête !!! Et des courriers adressés aux familles précisant que les élèves de la classe ne sont pas « cas contact ».
    Après moi, le déluge …
    La même directrice n’a pas proposé à sa secrétaire de faire du télétravail alors que toutes les conditions étaient réunies.
    Dans les 2 cas précédents, il aura fallu l’intervention, un dimanche après-midi (sic !), des élus CSE interpellés par l’équipe afin de régler la situation. Pour une reprise plus sereine et plus sûre, dès le lundi suivant.
  • Fermeture des internats en journée (car pas assez de personnel pour nettoyer / désinfecter) donc toutes les études doivent se dérouler au CDI, charge aux 2 professeurs documentalistes de nettoyer/désinfecter clavier/souris/ordinateurs après le passage et le brassage de 30 à 40 élèves/heure,
  • Interdiction de se réunir à plus de 6 en salle de profs même avec les masques. Par contre, des cours à 35 élèves, aucun soucis ! On y va !
  • Interdiction des pauses cafés/prise de repas collectifs pour les profs : le micro-ondes a même été retiré ! (donc on mange froid, chacun dans sa voiture. Par contre, on peut toucher les interrupteurs, les poignées, les portes à foison ! Et partager nos toilettes avec les élèves !!
  • Interdiction de se promener dans le parc arboré et ouvert sans masque … Même seul et quand il n’y a plus d’élèves !! Par contre, maintien des cours en présentiel à 100 % avec classes surchargées et locaux trop petits …
  • Un enseignant apprend, incidemment, de la bouche d’une maman d’élève que son fils a été testé positif et malade. Le chef d’établissement, informé, a gardé le secret, de peur de devoir fermer l’établissement.
  • 20 élèves et deux adultes (1 prof et 1 AVS) dans une salle de 30 m: où est le respect de la distanciation physique ?
  • Les élèves qui ont oublié leur matériel : que fait-on ? L’enseignant ne leur prête plus de quoi travailler ?

Nous exigeons à la CGT des conditions de travail permettant de garantir la sécurité sanitaire de l’ensemble des personnels (administratif, technique et éducatif). Pour ce faire, nous réclamons :

  • des masques efficaces contre les infections virales et non de simples morceaux de tissus,
  • l’embauche pérenne de personnels de vie scolaire notamment,
  • des travaux d’ampleur dans les établissements vétustes (huisseries, locaux trop exiguës, ventilation …),
  • des cours en distanciel quand les conditions de sécurité ne sont pas garanties,
  • la fourniture du matériel informatique nécessaire à tous les agents pour un travail à distance efficace,
  • la mise en place d’une charte télétravail et d’une formation aux outils numériques,
  • la consultation systématique des élus CSE lors de changement dans l’organisation du travail.

 

Ne les laissons pas jouer avec notre santé
et celle de nos apprenant·es !!!

 

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