Présidentielle 2022 : le mépris continue. Emmanuel Macron mène campagne contre le corps enseignant

 

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Le jeudi 17 mars, Emmanuel Macron a présenté son programme dans le cadre de lélection présidentielle, et notamment ses propositions dans le domaine de léducation. Cellesci sinscrivent clairement dans la continuité des cinq années précédentes et des politiques néolibérales menées par le ministre JeanMichel Blanquer.

En premier lieu, Emmanuel Macron propose aux enseignant·es daccepter ou non un nouveau contrat les obligeant à faire « davantage defforts » et « accepter de nouvelles missions » en échange dune meilleure rémunération. Les enseignant·es nouvellement recruté·es, eux, nauront pas dautre choix que de signer ce nouveau contrat. Il sagirait en loccurrence de remplacer des collègues absent·es ou encore de faire de laide aux devoirs de manière obligatoire. Cette proposition représente cependant une attaque sans précédent contre le statut denseignant, qui nest pas sans rappeler des attaques similaires contre le statut de cheminot par exemple. Après des années de gel du point dindice et dappauvrissement des enseignant·es, on comprend donc en filigrane quil leur faudra travailler davantage pour pouvoir compter sur la rémunération quils auraient normalement dû percevoir si des politiques daustérité budgétaire navaient pas été menées ! Une proposition dautant plus scandaleuse et inadmissible quaprès le quinquennat dEmmanuel Macron, les enseignant·es demeurent moins bien rémunéré·es en moyenne que leurs collègues de lOCDE, et que bien des signaux indiquent que la profession nattire plus : chute du nombre dinscrit·s aux concours, augmentation du nombre de démissions ou de ruptures conventionnelles

Les raisons sont nombreuses : faible salaire, charge de travail visible et invisible importante, injonctions à lindividualisation des parcours dans des classes toujours plus chargées Alors que les salarié·es du privé ont connu deux baisses de leur temps de travail, avec le passage aux 39 heures puis aux 35 heures, comment peuton raisonnablement, dans ces conditions, demander aux enseignant·es de travailler davantage, quand les principaux intéressé·es sont unanimes à répondre que leur temps de travail hebdomadaire va bien audelà des 35 heures?

Autre volet des propositions dEmmanuel Macron : lévaluation des enseignant·es et des établissements, à un rythme effréné et avec une diffusion publique des résultats ! Une pression supplémentaire sur leurs épaules avec comme corollaires la mise en concurrence entre eux, et la mise en accusation en cas de mauvais résultats de leurs élèves ! Cest tout simplement lentrée des logiques de lentreprise dans les établissements scolaires : lautonomie annoncée des établissements sonne dailleurs plutôt comme une autonomie des chefs détablissement, qui auront beaucoup plus de marges de manœuvres dans le recrutement des enseignant·es et lorganisation des apprentissages. Emmanuel Macron souhaite ainsi réaliser le rêve des instances de lenseignement privé, avec une mise en concurrence qui risque fort de mettre en valeur ces établissements au détriment des établissements publics. Championne dEurope des inégalités scolaires, la France na pas besoin dun tel programme daccélération de ces inégalités.

Cette compétition de tou·tes contre tou·tes est à mille lieux de lécole de légalité et de lémancipation que nous prônons.

Pour améliorer les conditions de travail des enseignant·e s et les conditions dapprentissage des élèves , la CGTEP revendique :

      • La réduction des effectifs de classe,
      • Des embauches massives denseignant·es et dAESH,
      • Une augmentation de salaire immédiate et sans contre partie de 400 €,
      • Des carrières revalorisées financièrement pour redonner de lattractivité au métier, avec non pas du travail en plus, mais du travail en mieux.
      • Des temps libérés pour la concertation et le travail en équipe.

En sinscrivant à rebours de ce que demandent les enseignant·es et leurs syndicats, Emmanuel Macron fait le choix, à lapproche de lélection présidentielle, de sappuyer sur un profbashing quil naura cessé de renforcer ces cinq dernières années avec son ministre JeanMichel Blanquer, pour capitaliser des voix de manière purement électoraliste.

À nous, enseignant·es, professionnel·les de léducation, de déjouer ce mauvais scénario dans les urnes si possible, en luttant dans nos établissements au quotidien et dans la rue si nécessaire.

Merci à @Sanaga pour ses brillantes illustrations FB, Twitter, Instagram
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